Serge, barragiste

Barrage de Zeuzier

Découvrez les métiers et les collaborateurs de l’esr qui contribuent chaque jour à votre confort. Ce mois-ci, Serge barragiste au barrage de Zeuzier.

Où se trouve-t-on ?

Nous sommes au sommet du barrage de Zeuzier. Il a été construit entre 1954 et 1957. Ce qui est particulier pour ce barrage, c’est que l’endroit où se trouve le mur était « fait pour » accueillir cet édifice. Quand on regarde des photos d’avant sa construction, on voit très bien la logique de l’emplacement. Il y a plusieurs types de barrage, celui de Zeuzier est un barrage voûte c’est-à-dire qu’il s’appuie sur le relief existant.

Le barrage alimente les centrales de Croix et de la Lienne qui turbinent l’eau et produisent de l’électricité.

 

En quoi consiste ton travail ?

Un barragiste surveille les mouvements du mur. En son coeur se trouvent 3 puits qui descendent jusqu’au fond de la retenue. Dans ces puits, il y a un fil à plomb, qui bouge au rythme de l’activité du barrage. Chaque mois nous prenons les mesures pour contrôler que tout aille bien. C’est un travail qui demande beaucoup d’observation à l’œil, on doit connaître le barrage par cœur pour arriver à déceler s’il y a quelque chose d’anormal ou non. C’est une surveillance permanente qui permet à l’édifice de vivre longtemps. L’activité d’un barrage dépend des précipitations et du temps qu’il fait toute l’année. Nous sommes tributaires de tous ces changements climatiques.

 

Comment devient-on barragiste ?

Pour moi, c’est arrivé par coïncidence. J’ai d’abord été engagé comme électricien à la Centrale de Croix puis, comme le barrage a demandé une observation plus minutieuse, je suis allé travailler au barrage. C’est un métier qui s’apprend par l’expérience des plus anciens. Ils transmettent leur savoir-faire aux plus jeunes et c’est comme ça que se perpétue la tradition. Il y a aujourd’hui une « formation » pour les barragistes, c’est un cours d’une journée qui permet surtout aux barragistes de se rencontrer pour échanger sur leur manière de travailler.

 

Pourquoi doit-on surveiller 24h/24 ce barrage ?

Eh bien, comme je l’ai dit avant, nous sommes dépendants de la nature et donc des risques naturels. Certaines mesures sont maintenant informatisées et retransmises directement à la centrale de St-Léonard où il y a une présence 24h/24. Le risque le plus important que nous courons est le risque de séisme. Dès qu’il y en a un petit qui est ressenti sur le site du barrage, nous le voyons sur les machines qui réagissent à chaque mouvement.

De plus, en 1978, nous avons observé un mouvement anormal du mur. Après des recherches, nous nous sommes aperçus que le barrage était fissuré à quelques endroits. Les analyses ont montré que le barrage avait bougé à cause du creusement d’un tunnel qui devait relier le Valais à Berne. En forant le trou dans la montagne, des poches ont été percées causant l’affaissement de toute la vallée ; le mur a repris ces efforts et bougé vers l’intérieur. A la suite de cet évènement, les réparations ont été faites et l’activité du barrage n’a pu reprendre que 11 ans plus tard. Dans les années qui ont suivi cet incident, les contrôles ont été plus rapprochés. Depuis 2013, nous avons à nouveau allégé le rythme des mesures.

 

Donne-nous un chiffre parlant de la production de Zeuzier ?

La production du barrage pourrait alimenter environ 30'000 ménages. C’est un peu difficile à se le représenter alors on dit souvent que la contenance du barrage équivaut à 1’000 ans de production viticole valaisanne.

 

Pour terminer, que dirais-tu à un jeune qui voudrait faire ce métier?

Je dirais qu’il faut en premier lieu aimer la montagne, nous y « vivons » presque toute l’année et c’est beau de voir défiler les saisons à cet endroit-là. Il faut aussi aimer bouger et avoir une certaine condition physique pour monter pendant l’hiver, même si maintenant c’est un peu plus facile car les déplacements hivernaux se font en hélicoptère.

Il faut être quelqu’un de polyvalent, savoir « tout faire » car on touche autant à l’électricité qu’à de la mécanique..

Et surtout, il faut être un très bon observateur. Apprendre à connaître le barrage par cœur et pouvoir presque sentir quand quelque chose ne va pas. Et après 35 ans de service, je pense que je peux en parler.

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