Lucien, garde du bisse de Sion.

Découvrez les métiers et les collaborateurs de l’esr qui contribuent chaque jour à votre confort. Ce mois-ci, un garde de bisse.

Où sommes-nous ?

Nous sommes aux Rousses, sur la route du Barrage de Zeuzier au bord du bisse de Sion. Aujourd’hui a lieu la mise en eau du bisse pour la belle saison. Celle-ci se fait toujours un peu avant le 15 juillet. Nous ouvrons la prise d’eau qui utilise la source des Locquès. Celle-ci se trouve au fond du barrage. Nous suivons ensuite l’avancement de l’eau sur toute la longueur du bisse afin de contrôler qu’il n’y ait pas de souci particulier.

En quoi consiste ton travail ?

Je travaille en tant que garde du bisse durant un peu plus de deux mois et demi par an. Le travail se divise en deux parties : le nettoyage du bisse et sa surveillance. Nous sommes deux à travailler durant cette période. Pendant les 6 premières semaines, nous travaillons ensemble pour nettoyer le bisse. Nous enlevons les feuilles, débroussaillons les abords du chemin pour que tout soit propre à l’arrivée des beaux jours. Après la mise en eau, nous nous séparons et chacun surveille son tronçon. Nous veillons sur le bisse tous les jours. Nous parcourons 3 fois par jour notre moitié du chemin pour voir si tout se passe bien.  Comme nous sommes souvent présents sur le parcours, nous sensibilisons les promeneurs à l’importance de ce cours d’eau. La plupart du temps, ils ne se rendent pas compte des conséquences qu’il peut y avoir à jeter des déchets ou des bouts de bois dans le bisse. Ils apprécient généralement nos explications.

Comment devient-on garde du bisse ?

Mon arrière-grand-père faisait déjà ce travail. Ensuite les autres générations de la famille ont perpétué la tradition jusqu’à ce qu’un ami reprenne cette fonction. Quand il a décidé de partir, il m’a averti sachant que cela m’intéressait énormément et j’ai donc postulé pour le remplacer.

Quelles qualités faut-il pour faire ce métier ?

Il faut tout d’abord aimer être à l’extérieur, la nature et la solitude un peu. Il est important également d’avoir une bonne condition physique car, pendant la période de surveillance, je fais environ 18km à pieds par jour. Etre flexible est aussi nécessaire car les orages éclatent souvent la nuit et, sur la région du Rawyl, ils sont très violents. On peut être amené à se lever pendant la nuit pour régler le débit du bisse, c’est pourquoi pendant ces semaines-là, je « déménage » et habite dans le chalet des Rousses pour être au plus près et veiller au mieux sur le bisse de Sion. Il faut aussi avec un bon sens du contact car durant nos rondes journalières, nous rencontrons les promeneurs.

C’est pas un peu les vacances de se promener toute la journée ?

Même si les gens pensent qu’on est en vacances quand on fait ce métier, ce n’est pas du tout le cas. Ils ne se rendent pas compte du travail que nous faisons en amont. Surveiller le bisse c’est effectivement un peu la récompense des semaines de nettoyage, mais ce n’est pas toujours une partie de plaisir, quand les conditions sont mauvaises.

Par exemple, en 2014, nous avons eu un seul jour sans pluie, ce n’est pas très agréable de faire des rondes 3 fois par jour sous la pluie. Il y a d’ailleurs une phrase qui se transmet de garde en garde : « Tant que tu n’as pas fait ce travail, tu ne peux pas te rendre compte ».

Qu’est-ce qui te plait le plus ?

TOUT ! Ce métier permet de préserver le patrimoine du Valais et de perpétuer la tradition des bisses. Je trouve que c’est magnifique de pouvoir y apporter ma contribution.

Contact esrx

Rue de l'Industrie 43
1951 Sion
027 324 01 11


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